Témoignage: « Le confinement nous a donné envie de nous lancer dans l’instruction à domicile »

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Si certains parents ont bien du mal à gérer de front (télé)travail et enfants à la maison, le confinement et la fermeture des écoles a permis à d'autres de réinventer un quotidien bien différent du sempiternel métro-boulot-dodo et qui pousse certaines familles à réfléchir à l'instruction à domicile (IAD).

C’est le cas d’Elodie Wery, accompagnatrice en désencombrement, formatrice et coach en changement de vie… mais surtout maman de quatre enfants. Elle a vu le confinement comme un tremplin pour sortir du système scolaire traditionnel et partage avec nous son cheminement.

Le confinement: l’opportunité de se lancer dans l’instruction à domicile

Ce projet de faire l’école à la maison, Elodie et son mari Thibault en parlent depuis un moment déjà. « Cette idée a commencé à germer quand mes aînés, des jumeaux, sont rentrés à l’école primaire. Je trouvais que le rythme des apprentissages était très contraignant et, surtout, que l’école et les devoirs ne laissaient que (trop) peu de temps pour jouer et vivre de chouettes expériences. Les enfants mangeaient littéralement de la matière scolaire la journée, les devoirs le soir et étaient franchement fatigués par ce quotidien… ce qui nous donnait peu l’occasion de partager d’autres choses que des apprentissages scolaires.

Je me suis donc dit que même si le changement était brutal, on allait s’adapter et se faire à ce nouveau rythme. Ensuite, notre benjamin est lui-même entré en primaire, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les choses se sont vraiment corsées. Les grands sont tombés sur une enseignante très rigide et l’année a été assez compliquée: elle ne laissait aucune créativité aux enfants, les mettait dans des cases et j’ai vu leur confiance en eux fondre comme neige au soleil, surtout ma grande fille qui est super créative et qui a un grand besoin de construire sa confiance en elle et de faire ressortir sa singularité. Je vous avoue que je me suis de nombreuses fois confrontée à cette enseignante et que la 3ème et la 4ème année des jumeaux furent pour le moins difficiles, tant énergétiquement qu’émotionnellement.

C’est précisément à ce moment-là que j’ai commencé à me renseigner sur l’instruction à la maison. Pour moi, c’était le chemin à suivre pour le bien de nos enfants. Mon mari était quant à lui plus tempéré quant à la possibilité de faire l’école à domicile. Il trouvait le projet très intéressant, mais ne voulait pas se lancer dedans sans y réfléchir davantage, peser le pour et le contre… Ce projet est donc resté présent, mais en réflexion je dirais. J’ai continué à me renseigner sur IAD: j’ai lu sur le sujet, je me suis inscrite dans des groupes Facebook de familles qui vivent cette expérience, etc. Ensuite, on a eu l’envie de vivre de manière plus nomade et de voyager en Europe, alors on a relancé l’idée de l’instruction à domicile.

Peu après, je suis tombée enceinte de notre quatrième enfant et on a eu plusieurs projets professionnels qui nous ont poussé à mettre en stand-bye nos idées de voyages, alors on a laissé les enfants dans le système scolaire traditionnel, d’autant plus qu’ils avaient changé d’enseignant. On a eu la chance d’avoir en face de nous un instituteur beaucoup plus ouvert d’esprit et davantage dans la bienveillance.

Le coronavirus nous a offert une période de test

Alors que l’on envisageait à nouveau de réaliser ce projet de vie nomade, le coronavirus et le confinement sont venus tout bousculer. Si cette période fut très compliquée pour certains, elle a été pour nous l’occasion de tester réellement l’instruction en famille plutôt qu’à l’école. Je restais bien entendu convaincue que l’IAD était le bon chemin à suivre pour nous et nos enfants, mais mon mari pensait que l’on n’arriverait pas à tout mener de front. Il faut dire qu’instruire quatre enfants et mener une carrière professionnelle n’est pas une mince affaire. Mais le confinement nous a donné l’opportunité de vivre comme si on avait choisi l’école à la maison.

Et on a rapidement pris nos marques! On travaille avec eux les apprentissages scolaires, mais surtout on a tellement plus de temps pour nous et pour eux: on joue, on cuisine, on se chamaille, on rigole beaucoup et on redécouvre nos enfants! Et puis on apprend à vivre à un tout autre rythme qui est beaucoup plus doux. On a aussi pris conscience qu’en travaillant une ou deux heures maximum par jour, les enfants apprenaient au moins aussi bien qu’à l’école! Et puis même si nos enfants sont très sociables, ils ne souffrent pas du tout du manque de leurs copains. Ils sont quatre, cela fait déjà tout un petit monde en fait!

En septembre, on commence l’instruction à domicile

Notre décision est presque prise: en septembre, on commence l’instruction en famille. On se laisse encore un peu le temps de réfléchir (on a jusqu’au 5 septembre pour rentrer notre dossier) mais nous avons vraiment envie de tenter le coup cette fois. Le fait que l’école reprendra probablement à mi-temps en septembre et la potentialité d’une deuxième vague nous motive dans notre décision. En fait, on en a un peu marre de vivre selon ce que l’on nous impose et un deuxième confinement – et donc à nouveau une fermeture des écoles – mettrait à mal notre organisation, alors autant se lancer dans ce projet qui nous suit depuis un moment déjà.

De plus, les mesures prises au sein des écoles pour contrer l’épidémie nous semblent tellement anxiogènes pour les enfants: garder des distances de sécurité, ne pas pouvoir jouer avec les copains…. Personnellement je ne vois pas d’un très bon œil ce retour à l’école. On va pouvoir initier nos enfants à des apprentissages plus concrets: bricolage, jardinage, cuisine… Ce sont des choses que les enfants ne font jamais à l’école et qui, je trouve, manquent cruellement à leur épanouissement.

Trouver du temps pour soi et pour son couple quand on fait l’instruction à domicile

Forcément, c’est un sujet auquel on réfléchit énormément aussi. Comment réussir à avoir du temps pour nous et notre couple si on a les enfants 24 heures sur 24 à la maison? L’année passée, on arrivait à dégager du temps pour avoir des moments ensemble pendant que les enfants étaient à l’école. Thibault et moi travaillions beaucoup depuis la maison, ce qui nous permettait d’avoir de chouettes temps de midi que l’on partageait ensemble. Ici forcément, l’organisation risque d’être toute autre. Mais je sais que l’on trouvera une organisation ».

La « To Do List » d’Elodie Wery pour se lancer dans l’instruction à domicile

Nous avons demandé à Elodie comment elle allait se préparer à l’instruction à domicile, mais également comment elle pensait organiser les journées. Voici ses idées et ses conseils si vous envisagez, vous aussi, de vous lancer dans l’instruction à domicile.

  • Se renseigner beaucoup: en s’inscrivant à des groupes sur les réseaux sociaux qui regroupent des familles vivant l’école à la maison (tel que le groupe IEF Belgique sur Facebook), en consultant le programme scolaire et en lisant beaucoup sur le sujet, mais aussi en partageant avec des parents qui ont choisi l’instruction en famille pour leur(s) enfant(s).
  • Organiser ses journées différemment: Elodie compte travailler à raison de 3 jours par semaine et proposer à ses enfants 3 journées d’apprentissage scolaire. Son mari participera tout aussi activement à l’instruction des enfants, tout en valorisant d’autres apprentissages de la vie courante.
  • Se faire aider: par des professeurs par exemple. La maman compte faire venir un enseignant chez elle à raison d’une fois par semaine, afin qu’il puisse s’assurer du bon suivi de la matière, répondre à des questions, etc. Mais aussi en allant sur des plateformes Internet d’exercices scolaires, ainsi que celle de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui propose en e-learning des modules de cours à distance.
  • Sociabiliser les enfants: pour cela, Elodie compte laisser ses enfants dans leurs activités extra-scolaires et dans leur mouvement de jeunesse, mais peut aussi compter sur sa grande famille et des cousins pour jouer et partager avec sa fratrie.

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