Le témoignage d’une maman homosexuelle sur ses tentatives pour avoir un enfant

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© Alex Pasarelu/Unsplash
Lorsque l'on est homosexuel, que l'on soit homme ou femme, la quête de parentalité devient un vrai parcours du combattant… Comme en témoigne Joy Wright, une Américaine qui a tenté le tout pour le tout.

Aujourd’hui, Joy Wright est mère de deux enfants qu’elle a adoptés. Mais avant de découvrir les joies de devenir maman, la jeune femme a fait de nombreuses tentatives. Elle livre un témoignage bouleversant dans le HuffPost américain, traduit par le Huffington Post français.

Comment devenir maman quand on est homosexuelle?

« Je voulais un bébé depuis ma plus tendre enfance, quand je trimballais ma poupée partout, persuadée que tout le monde pensait que c’était une vraie petite fille et sachant qu’un jour, mon rêve deviendrait réalité. Jusqu’à que je me retrouve, à 34 ans, célibataire, lesbienne et désespérée », débute la jeune femme, qui doit alors envisager toutes les possibilités pour accomplir son rêve.

Mais chacune des possibilités présentent des choix difficiles: comment choisir le donneur? Doit-il être connu ou anonyme? Être un ami? Quant à la fécondation in vitro et l’adoption, ces deux options s’avèrent très chères et comportent aussi des questions lourdes… Face à tous ces dilemmes, Joy Wright décide de se tourner vers le sperme congelé. « J’avais quitté la Virginie, où les solutions pour en obtenir proposées à une homosexuelle célibataire et sans énormes ressources financières étaient limitées, et m’étais m’installée à Chicago, où j’avais accès au programme d’insémination pour les femmes célibataires et lesbiennes/bisexuelles du Chicago Women’s Health Center »

Devenir mère grâce à un donneur

« Le lendemain, comme encouragé par le karma mais peut-être aussi par simple gentillesse, Drake m’a appelée pour me proposer d’être mon donneur. Nous avons discuté des complications potentielles, et il a signé un contrat précisant qu’il renoncerait à ses droits parentaux si je tombais enceinte. Drake et sa femme ne voulaient pas d’enfant, mais il ressentait un manque: il avait envie de transmettre ses gênes. Il était grand, brillant, et il a abordé notre arrangement avec douceur et franchise. Il était parfait. »

Un seul souci se présentait: Drake habitait à (minimum) deux heures de route de Joy. Un détail qui s’avère essentiel lorsque l’on guette l’ovulation et donc le moment d’insémination… Ils décident donc de se rencontrer à mi-chemin pour limiter les trajets.

« J’ai appelé Drake dès que j’ai su que j’ovulais. Il m’a dit: ‘Laisse tomber le voyage jusque chez moi. Retrouvons-nous au Burger King. Tu sais, quand tu sors à Kankakee? Ou, sinon, à Dwight, près de la prison pour hommes, à la seule station-service à des kilomètres à la ronde’. »

Une insémination dans un Burger King

« Ce soir-là, la plupart des personnes qui s’apprêtaient à déguster un Whopper au Burger King de Kankakee, dans l’Illinois, auraient été choquées de savoir qu’une lesbienne rencontrait son donneur de sperme dans l’établissement… »

C’est ainsi que Drake et Joy se sont retrouvés dans les toilettes du fast-food à mettre en place une insémination. « À l’intérieur du fast-food, tandis que j’attendais devant les toilettes pour hommes, j’ai essayé de ne rien laisser paraître. Tranquillement, pas gêné pour un sou, Drake est sorti, m’a tendu en souriant un gobelet Burger King plein de sperme, et il est parti. J’ai jeté un œil autour de moi, et je suis entrée dans les toilettes pour femmes. J’ai pris ma petite seringue et je me suis inséminée.

Je ne pouvais évidemment pas me permettre de laisser cette précieuse semence s’écouler, d’autant qu’un homme merveilleux avait parcouru tout ce chemin pour me l’offrir dans les toilettes d’un Burger King (et dire que je ne lui ai même pas payé un sandwich!). Après une insémination, les livres sur la fertilité recommandent aux femmes de s’allonger, un oreiller placé sous les hanches, pour permettre à la gravité de leur donner un coup de main. Malheureusement, je n’avais pas d’oreiller confortable à disposition, et le siège arrière de la voiture était envahi de matériel de formation. RoiAnn (ndlr. sa compagne) a donc pris le volant, et j’ai incliné le siège passager, le plus possible, contre les fournitures. Je me suis assise la tête à l’envers, les pieds en l’air, et j’ai attendu que la nature fasse son œuvre. »

Des échecs successifs

Malheureusement, l’insémination n’a pas fonctionné, ni celles d’après… Après plusieurs échecs, Joy décide donc de faire des tests. « Résultat? Trompes de Fallope bouchées. Le seul moyen de tomber enceinte était la fécondation in vitro (FIV), un processus onéreux et difficile sur le plan émotionnel comme physique. »

Finalement, elle se tourna vers l’adoption, considérant qu’elle aurait plus de chances que la procédure fonctionne, contrairement à une FIV. « Avec le temps, la relation que j’entretenais à l’époque est devenue sérieuse, et ma partenaire s’est engagée non seulement auprès de moi mais aussi dans le processus d’adoption. Trois ans plus tard, un magnifique petit garçon est devenu notre bébé. Sa petite sœur, au tempérament bien trempé, est arrivée deux ans et demi plus tard. »

Un parcours du combattant

Avec son témoignage, cette jeune maman met en lumière les difficultés que rencontrent les personnes LGTB lorsqu’elles décident d’avoir un enfant. « Le parcours pour devenir parent quand on fait partie des minorités sexuelles peut devenir un véritable marathon. Il faut de l’endurance et de la détermination. Le simple fait de dire qu’on veut des enfants semble décontenancer les amis, la famille et les professionnels de santé, habitués à ce que les parents soient hétéros. »

Si les choses s’améliorent, Joy Wright espère que des changements sont en cours au point de vue politique, dans les programmes d’adoption et les procédures juridiques.

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