La parentalité positive, vraie avancée pédagogique ou idéal impossible?

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Auteurs, blogueurs influents ou spécialistes de parentalité... de plus en plus de personnes mettent en avant un nouveau mode d'éducation qui peut attirer autant qu'il n'effraie: La parentalité positive. Tout droit inspirée des méthodes Montessori, cette parentalité positive serait LE must à atteindre pour tout bon parent impliqué dans l'éducation de ses enfants.

Isabelle Filliozat, connue pour être l’une des grandes initiatrices du mouvement, définit ce concept comme la possibilité de « fournir aux enfants des ressources plutôt que des limites ». Mais ce concept, si merveilleux soit-il en théorie, est-il adapté aux parents d’aujourd’hui ou est-il est un stéréotype de plus visant à faire culpabiliser les parents?

Amelie Collet, coach en parentalité, nous en dit un peu plus sur ce mouvement

« Avant de commencer à parler d’astuces ou de conseils et avant même d’avoir un discours qui pourrait paraître moralisateur pour la plupart des parents, je voudrais désacraliser la parentalité positive. Une très bonne amie à moi m’a dit désapprouver ce terme parce que cela la renvoyait systématiquement à la façon supposée « négative » d’éduquer ses enfants. Puisqu’il faut donner un nom à tout, c’est celui qui paraît le plus approprié, mais s’il décourage les parents de s’y intéresser, autant oublier un peu les dénominations et se concentrer sur le contenu de cette éducation. La bienveillance ce n’est pas un truc de hipsters! Je vous promets qu’on se lassera beaucoup plus vite des chemises à carreaux que de la bonne ambiance dans nos maisons.

Je ne qualifierais d’ailleurs pas la parentalité positive de mouvement, mais plutôt de concept et je suis convaincue qu’elle est exactement adaptée aux enfants d’aujourd’hui. Ce n’est pas une méthode miracle qui s’applique à chaque famille, mais plus une façon d’aborder les relations parents/enfants. Ne nous leurrons pas, les solutions faciles et les idéaux en méthode d’éducation n’existent pas et heureusement. Il faut inciter la communication entre les parents et leurs enfants, car les techniques comme les plats tout prêts ne sustentent ni les individus, ni les estomacs.

Je suis maman et comme pour la plupart des parents, le mode d’emploi n’a pas été livré avec le bébé. Je me suis très vite intéressée à la psychologie de l’enfant parce que je me suis trouvée plusieurs fois désemparée face aux colères et aux pleurs de ma petite fille.

Il est scientifiquement prouvé que la violence morale et physique est néfaste au développement des compétences psychosociales de l’enfant.

Comme le tabac est mauvais pour la santé, la fessée est mauvaise pour votre enfant. Point barre. Une fois que ce constat est accepté, il faut alors adopter des automatismes dont nous sommes parfois dépourvus car nos références sur la parentalité date d’un temps où les punitions étaient légion. C’est à nous les parents d’aujourd’hui de faire l’effort de mettre en place une éducation que l’on sait meilleure pour nos enfants et qu’ils sauront, à l’avenir, répercuter aux leurs.

Tout ça c’est bien beau, je vous l’accorde, mais concrètement on fait comment?

Cas n°1: La crise au supermarché

Votre enfant de 2 ans pointe du doigt un paquet de gâteaux que vous refusez de mettre dans votre panier. Il commence gentillement à hurler, vous commencez à ressentir les regards pesants des autres clients et les prémices de la honte.

Son langage limité ne lui permet pas de s’exprimer comme vous l’entendez en tant qu’adulte. Les pleurs, la colère et les cris sont des moyens naturels d’expression pour lui. A cet âge, l’enfant teste son sentiment de toute puissance et éprouve la douloureuse sensation de la frustration au moindre refus. C’est normal, il grandit, nous sommes tous passés par là!

Premièrement, si la panique vous prend, prenez une grande inspiration (ça ne sera pas directement bénéfique pour votre enfant mais très efficace pour vos nerfs). Repensez à la façon dont vous avez refusé le paquet de gâteaux. Si c’était un « non » sans explication, sans avertissement, sans dialogue, il est toujours temps de rétablir la communication. « Nous n’achèterons pas d’autre paquet de gâteaux car il y en a des très bons à la maison et que nous pourrons en manger à l’heure du goûter. ». Cela n’empêchera pas votre enfant d’exprimer sa frustration et sa colère, mais ça lui permettra de savoir pourquoi vous avez refusé. Que vous criiez sur votre enfant ou pas, il pleurera sûrement. Acceptez cet état de façon posée et consciente et vous ressortirez de ces petites épreuves beaucoup moins traumatisés vous et votre enfant. Dites lui qu’il a le droit d’être en colère et que vous le comprenez.

L’apprentissage doit passer par la gestion des émotions et vous devez accompagner votre enfant à chacune de ces étapes. Et surtout, ne vous focalisez pas sur la honte que vous ressentez. N’oubliez pas que la plupart des clients présents sont également des parents.

Cas n°2: La grosse bêtise

Une assiette renversée, une porte de réfrigérateur restée ouverte, un tag très ingénieux et coloré sur le mur immaculé… ça vous parle?

Vous pouvez toujours inspirer et expirer, ça aide toujours. Distinguez ce qui a été fait intentionnellement ou pas. Cela vous permettra de dédramatiser 80% des bêtises immédiatement. Pour le reste, réfléchissez à ce qui a déjà été dit (ou pas). Avez-vous expliqué ce qui était permis dans la maison, et surtout pourquoi? Un enfant qui explore, un enfant qui interagit avec son environnement et avec les autres c’est très rassurant. Dites à votre enfant que les murs du salon ne sont pas libres d’expression et mettez à sa disposition les moyens de dessiner dans de bonnes conditions, octroyez-lui un espace pour exposer ses oeuvres mais n’interdisez pas les crayons.

Comment alors ne pas punir, comment leur faire comprendre qu’il ne faudra pas recommencer? En leur disant, tout simplement, et en leur montrant qu’il est très pénible d’effacer un graffiti. Nettoyer avec eux leurs bêtises, c’est avant tout les responsabiliser et induire chez eux les principes de l’auto-discipline. De quoi être fiers de nos petits bouts à la prochaine bonne action dont ils seront acteurs. Valoriser leurs progrès avec conviction et sans exagération sera aussi un des piliers d’une éducation positive et bienveillante.

Ce n’est pas facile, ce n’est pas inné, mais la vie de famille est tellement plus facile à vivre quand l’écoute active et l’empathie sont présentes. C’est aussi déculpabilisant pour les parents que pour les enfants.

Petit message aux parents au bord de la rupture et encore réticents, vous n’avez rien à perdre à essayer, faites le pour eux mais avant tout pour vous ! Quand les parents vont bien, les enfants sont heureux.

Petite astuce: utilisez la météo des émotions. Un petit tableau à installer sur le frigo, montrant des visages avec différentes expressions, pour chaque jour exprimer son humeur dès tout petit et entamer la discussion.

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