L’avis de maman: une année sans acheter de vêtements neufs, c’est possible!

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On a pris conscience que:
• Les femmes achètent, en moyenne, 30 kilos de vêtements chaque année
• 85% des vêtements finissent dans les décharges
• Les vêtements sont la seconde source de pollution après le pétrole
• La fast fashion nous conditionne à avoir sans cesse besoin de posséder des vêtements neufs (et de mauvaise qualité).

Au secours! Avec les enfants, on avait envie de faire un effort pour la planète, mais je ne suis pas (encore) prête à devenir végétarienne. (Je cuisine comme un pied et mes enfants sont les plus minus de leur classe. Si je me rajoute des contraintes alimentaires, on va nous envoyer les services sociaux!)

Le défi d’une année sans acheter de vêtements neufs

Bref en 2017, on a pris comme bonne résolution de ne pas acheter un seul vêtement neuf! On s’est donné comme exception les sous-vêtements (quand même un peu dégoûtant) et les chaussures (parce que ce n’est pas très bon pour le dos des petits de mettre des souliers qui ont déjà la forme d’un autre pied). Notez que mon mari n’a pas participé, parce que pour lui, trier ses déchets et aller acheter son pain à pied, c’est déjà super! (« Chacun sa route » nous disait Tonton David.)

Alors, avons-nous réussi? Pas totalement, mais l’expérience était franchement super positive! Voici notre bilan pour les enfants:

Ce qui a été difficile :

  • Pour les vêtements spécifiques, on a eu du mal. J’ai eu besoin de trois tenues d’elfes pour mon shooting de Noël ZebraBook et je les ai achetées neuves. Idem, à la rentrée, pour la tenue de danse lila (et pas une autre!), les tenues de gym et l’uniforme de baladin.
  • Résister aux tenues de chez Bonjour Maurice (parce que les créatrices sont trop sympas, que le cycle de production est contrôlé et surtout que les vêtements sont irrésistibles). J’ai craqué.
  • Ne pas acheter de pull de Noël ou la tenue Violetta dont rêvait ma fille Naïri pour la fête de fin d’année de l’école ou son anniversaire! J’ai craqué aussi.

Pour le reste, entre les vêtements des enfants de ma sœur et ceux de ma copine Kate (fashionata dont les enfants sont juste plus grands que les miens), on avait tout ce qu’il fallait.

J’ai complété avec quelques jolies choses de Il était plusieurs fois, un super site de vêtements de seconde main pour enfants. C’était parfait quand on a eu besoin de quelque chose de plus pointu (comme le très important maillot Reine des neiges ou le totalement indispensable t-shirt avec les sequins réversibles! Vous voyez ces paillettes qui changent de couleur lorsqu’on les frotte?). J’ai surtout acheté des vêtements à Naïri parce qu’elle a huit ans et a déjà son propre avis sur ce qui est « trop nul » ou « vraiment canon ».

Pour moi, ça a été vraiment facile et je n’ai pas craqué

J’ai donné/jeté/recyclé tout ce qui encombrait inutilement mon armoire (comme ce crop top rouge dos nu qui datait l’époque de mon piercing dans le nombril) pour avoir un dressing plus efficace. J’ai réparé ou fait réparer ce que j’aimais mais que je ne portais plus à cause d’un mini-trou ou d’un ourlet pendouillant. Idem pour les chaussures. Quel rêve d’avoir une armoire où il y a de la place et où tout est beau et tout te va.

Par hasard (et quelle chance), mon ancienne associée Marine a créé Pool, une société qui achète/démarque/répare/arrange des vêtements de seconde main de moyenne gamme et organise une fois par mois une vente privée. Ça tombait pile poil. Je me suis offert deux ou trois pièces tous les mois. Ce n’était pas neuf mais c’était nouveau et cela faisait exactement le même effet au moral que d’aller chez Zara (avec un meilleur impact sur la planète et mon portefeuille).

J’ai aussi acheté quelques pièces hors de prix sur Vestiaire Collective, une plateforme de vêtement seconde main très haut de gamme (c’est très cher mais l’on peut encore négocier de 30% les prix demandés. Les envois ne sont pas rapides mais les vêtements finissent toujours par arriver) et chez Lady Dandy à Ixelles (seconde main chère mais canon).

Enfin, ma copine Chloé –plus branchée que cela tu meurs- m’a prise en pitié et m’a prêté quelques fois des robes de star pour sortir! Le rêve.

J’aurais adoré me libérer totalement de la consommation mais je dois avouer que cela fait quand même drôlement plaisir d’avoir quelque chose de nouveau, bien coupé et tout doux qui n’a pas été lavé 27 fois. Dans la vie, on a que le bien que l’on se fait! (Et mes copines qui n’ont rien acheté de toute l’année ont trouvé ça vraiment dur et n’ont pas envie de continuer).

Bref? Je n’ai jamais été aussi bien habillée. Je ne m’achète pas, d’habitude, des vêtements de marque. En seconde main, mes achats étaient moins chers mais plus haut de gamme. Ensuite, j’ai adoré prêter, recevoir et échanger des vêtements avec les copines. Bonheur quand mon amie Ariane venait, ses soirs de conférence, boire un café et se servir dans mon dressing!

Ne pas acheter neuf: positif pour le porte-feuille mais aussi le moral!

Enfin, à la place d’être un sacrifice, cela m’a, au contraire, reposé le cerveau. En ville, je ne regarde plus les vitrines donc plus besoin d’être tiraillée, pareil pour les pubs sur internet. Comme j’avais super bien organisé mon dressing, m’habiller le matin me prenait seulement une minute. Pas besoin d’essayer trois pulls avant de trouver le bon parce que le premier a un trou, le second est trop court et le quatrième gratte un peu sans t-shirt en dessous. Bref, limiter les tentations et les décisions m’a vraiment libéré l’esprit.

Alors on recommence? Certainement dans les grandes lignes! Mais sans la culpabilité pour les tenues de gym des rentrées (le mieux est l’ennemi du bien) et la « salopette en jeans Violetta » dont rêve mon ainée.

Envie d’essayer chez vous?

Mes astuces:

  • J’ai créé un groupe facebook pour le défi Une année sans acheter de vêtements neufs. L’idée était de s’échanger les bons plans vides-dressing, magasins de seconde main, ventes… Mais aussi de pouvoir proposer ou demander quelque chose quand on en a besoin (des chaussures de neige taille 33…). Le groupe s’est agrandi très rapidement. Nous sommes maintenant 300 à s’entraider et se soutenir et c’est super!
  • S’inscrire à la Newsletter de Pool pour ne rater aucune vente.
  • Avoir un(e) couturièr(e) sympa pas trop loin de chez soi; idem pour le ou la cordonnier(e).
  • Pour les enfants: se greffer à une famille qui s’habille chic et dont les enfants sont un peu plus grands que les nôtres et tout leur racheter! Hihi
  • Faire un groupe de vêtements de ski (comme on ne part jamais tous en même temps, on se met à plusieurs famille et on se prête les tenues.)
  • Avoir une copine Chloé. Prêter, emprunter, partager. C’est trop gai les papotes sur le lit à essayer des habits. Sinon, allez chez Coucou, qui a la super réputation d’avoir des robes sublimes à louer pour se faire plaisir les soirs de fêtes.
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