Une crèche Montessori: qu’est-ce que c’est?

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Depuis quelque temps, des milieux d'accueil Montessori voient le jour ici et là. Mais quelles sont les différences entre cette pédagogie et les crèches "classiques"? Qu'y font les enfants? Est-ce adapté à tous les âges? On vous explique.

Si vous êtes une future maman et que vous travaillez, vous allez sûrement devoir trouver un milieu d’accueil pour votre bébé (sauf si vous avez de l’aide autour de vous). En pleine recherche d’une crèche qui vous convient parfaitement, vous êtes peut-être tombée sur des établissements dits Montessori… Mais qu’est-ce que ça signifie? Que propose cette pédagogie, et pour qui?

Afin de tout savoir sur les crèches de ce genre, nous avons rencontré Dominique, créatrice et gérante de nidDo, un milieu d’accueil situé à Plainevaux, qui accueille les tout-petits (âgés entre 3 mois et 3 ans) dans l’esprit de la pédagogie Montessori.

La pédagogie Montessori

La pédagogie Montessori, initiée par Maria Montessori, a pour but de « permettre le développement et l’expression du potentiel de chaque enfant individuellement, grâce à un environnement approprié et au respect de sa personnalité ». Autrement dit, il s’agit de respecter le rythme de l’enfant pour qu’il devienne autonome et indépendant, et qu’il développe sa confiance en lui.

Quelques valeurs essentielles

Chaque point qui compose la pédagogie se rencontre à un moment ou un autre. Voici quelques valeurs au centre de Montessori, appliquées dans les milieux d’accueil de ce genre.

1. L’autonomie

Dès leur plus jeune âge, les enfants sont stimulés à être autonomes. Ainsi, comme nous avons pu le constater dans la crèche de Dominique, le mobilier est à leur échelle. Ils peuvent dès lors choisir l’activité qui leur convient, la prendre dans l’étagère, la pratiquer puis la ranger. Tout ça par eux-mêmes! Cette idée rejoint également le fait qu’un enfant doit réaliser des activités qu’il a envie de faire, à son rythme et selon ses capacités, et pas des activités imposées.

Dans le même sens, une petite balayette est accessible ainsi qu’un petit seau d’eau avec une lavette. S’ils renversent donc quelque chose, ils ont la possibilité d’aller chercher le matériel pour ranger et nettoyer, sans demander de l’aide à l’accueillante.

2. L’autocorrection

Les activités Montessori sont dites « autocorrectrices », c’est-à-dire que si l’enfant ne la réalise pas selon ce qu’il est censé apprendre, il le remarquera par lui-même. « Par exemple, dans un jeu d’emboitement de formes, l’enfant constatera que le carré ne rentre pas dans le rond, sans qu’on le lui dise », nous explique Dominique. Cela permet à l’enfant de réfléchir, de se concentrer, de comprendre et à nouveau, de se développer de manière autonome, sans l’intervention d’un adulte.

3. La confiance en soi

L’enfant étant un être humain à part entière, il est important qu’il développe la confiance en soi dès le plus jeune âge. Et cela se fait non seulement à travers l’autonomie, qui provoque la fierté d’accomplir quelque chose par soi-même. Mais aussi grâce à la liberté laissée par l’adulte: lorsqu’un enfant choisit une activité, il doit la faire pour lui et lui seul. Et pas pour faire plaisir à papa ou maman. Dès lors, il est important d’encourager les enfants, sans pour autant les féliciter. « Quand un enfant finit une activité, je leur demande souvent: ‘alors, tu es fier de toi? De ce que tu as appris aujourd’hui?' », nous confie Dominique. Une question qui permet à l’enfant de comprendre qu’il fait quelque chose pour lui-même, et non pour faire plaisir aux autres.

Quelles différences avec les autres crèches?

D’un point de vue légal, pour ouvrir un milieu d’accueil et ce, peu importe la pédagogie appliquée (Montessori, Freinet…), l’accueillante d’enfants doit avoir suivi une formation reconnue par le Gouvernement de la Communauté française. Par la suite, libre à elle de se former dans une pédagogie bien précise. « Pour Montessori, en France, il existe des centres l’AMI (Association Montessori Internationnale). Mais en Belgique, il n’y en a pas », nous explique Dominique. « J’ai donc pour ma part suivi une formation à Lasnes, pour compléter celle que j’ai eue à l’IFAPME. »

Mais quelles sont les différences entre une formation classique et celle Montessori? « Suite à mon stage dans une crèche, je trouvais qu’il me manquait quelque chose. J’avais l’impression que les établissements dans lesquels je m’étais rendue avaient juste un bac remplis de jeux, deux-trois livres… et que les activités se limitaient à ça », explique Dominique. « Chez Montessori, j’ai découvert de vraies activités adaptées à l’environnement de l’enfant et à son développement. Cela permet d’avoir un vrai milieu d’accueil, et non une simple garderie. »

Une autre grande différence est le rôle de l’accueillante de l’enfant: elle est avant tout observatrice. Lorsqu’un enfant choisit une activité, elle observe comment il se débrouille et ce qu’il acquiert. Si elle constate que l’activité n’est pas assez bien adaptée, elle l’affine, la modifie ou la remplace par une autre. Son second rôle est également de s’assurer que le cadre est respecté. Nous avons tendance à penser à tort que dans la pédagogie Montessori, les enfants font ce qu’ils veulent. Cela est vrai dans une certaine limite: ils choisissent eux-mêmes les activités à réaliser, mais toujours dans une démarche pédagogique et dans le respect des autres. Si un enfant commence à vouloir prendre le jeu d’un autre, l’accueillante est là pour reposer le cadre. Tandis que si un enfant fait une activité et que l’accueillante observe qu’il n’y arrive pas, elle est là pour le guider (mais toujours sans rien lui imposer). Un cadre au sein même la crèche est également installé: « Lorsqu’un enfant veut lire un livre, cela se fait dans le canapé. C’est le coin lecture », nous explique Dominique. « Il y a des endroits propices à chaque activité, et cela permet d’avoir une organisation. »

Qu’est-ce qu’une activité Montessori?

Chaque activité permet à l’enfant de se développer, à son rythme. Ainsi, dans une crèche Montessori, vous trouverez toutes sortes de jeux avec un but bien précis: l’affinement de la motricité fine et globale, le développement de la volonté, l’apprentissage des séquences à respecter, la collaboration… Il y a un isolement de l’apprentissage par activité et par gradation, selon le développement: un jeu permettra par exemple d’apprendre les couleurs, tandis qu’un autre développera la motricité. C’est seulement lorsque l’apprentissage est acquis que l’on ira plus loin. Les activités sont généralement pratiques, et non imaginaires: un enfant ne va pas faire semblant de cuisiner comme ses parents, mais va par exemple réellement faire du pain.

Une crèche Montessori, pour qui?

Les crèches Montessori sont adaptées à tous les enfants âgés entre 3 mois et 3 ans. S’il est toujours agréable que la pédagogie soit également appliquée à la maison, il n’est pas rare que les parents découvrent cette philosophie à la crèche. Il n’est donc pas obligatoire d’être un adepte Montessori pour choisir ce milieu d’accueil pour votre bébé.

La pédagogie Montessori vous intéresse?

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