Témoignage: “Ma petite fille est un BABI, un bébé aux besoins intenses”

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Élise, 30 ans, est l'heureuse maman de Léon, 3 ans, et d'Andréa, 5 mois et demi. Face aux besoins intenses de sa cadette, elle s'est souvent sentie désemparée. Jusqu'au jour où elle a pu mettre un nom sur le comportement de son bébé.

Au début de l’année 2020, Élise lançait une bouteille à la mer sur les réseaux sociaux. Sa petite fille de 5 mois et demi serait-elle un BABI? Lors de la diffusion de l’émission La Maison des Maternelles dédiée aux bébés aux besoins intenses, la jeune maman s’est rendu compte que le terme s’accordait en effet parfaitement au tempérament de sa cadette.

Une vie intense

“Andréa veut toujours être dans mes bras. En réalité, c’est un bébé très souriant. Elle ne connaît tout simplement pas d’entre-deux, elle n’est jamais juste ‘bien’. Soit elle a la banane, elle sourit tout le temps – y compris la nuit lorsque je l’allaite –, soit elle pleure parce que quelque chose ne va pas. Elle vit tout très intensément. La voiture, par exemple, est une épreuve pour elle, elle déteste être seule dans son siège auto. On ne sait pas pourquoi, mais elle peut passer deux heures à hurler dans la voiture. De façon générale, elle n’est sereine que lorsque je la porte. Mon uniforme, c’est l’écharpe de portage et les t-shirts d’allaitement TajineBanane. Je l’ai toujours sur moi. C’est intense aussi pour les parents. Cela fait à peine quelques jours qu’elle fait enfin des siestes dans son lit. J’ai alors entre 20 et 40 minutes pour prendre une douche ou travailler. En revanche, lorsqu’elle dort en écharpe sur moi, ses siestes peuvent durer 3 ou 4 heures.”

Mettre le nom dessus

“Au début, mon mari et moi avons pensé que si elle avait tant besoin d’être portée, c’était dû au reflux. À mon avis, c’était en partie vrai. On a donc intégré assez rapidement les compotes et les purées, le jour de ses 4 mois. Pendant une semaine, ça l’a beaucoup apaisée, mais rapidement son inconfort a refait surface et on avait écarté tous les problèmes fonctionnels qui auraient pu l’expliquer. Puis, je suis tombée sur l’émission La Maison des Maternelles consacrée aux BABI. On y listait les caractéristiques qui peuvent mettre la puce à l’oreille. Selon le Dr Sears, les BABI sont intenses, très actifs, épuisants, insistants, insatisfaits, imprévisibles, hypersensibles, ils ont besoin d’être nourris fréquemment et d’être très souvent dans les bras, ils s’endorment difficilement, ils sont difficiles à calmer et ne supportent pas la séparation. On a reconnu Andréa dans certains points et ça nous a aidé de mettre un nom sur sa façon d’être. Dans l’émission, ils disaient que ce n’est pas forcément une bonne idée de mettre un enfant dans une case. C’est vrai, mais au moins ça te permet de te dire que ce n’est ni de ta faute, ni de celle de ton enfant. Et ça, c’est important. Ça aide.”

Une question d’adaptation

“Rien que le fait de pouvoir mettre un nom dessus, ça rassure, parce qu’au début, c’est un peu déconcertant de te dire que tu ne réponds pas comme il faut aux besoins de ton bébé. J’appréhende toujours un peu que l’on me fasse des réflexions, mais à présent, je sais que ce n’est pas quelque chose que je fais mal, c’est simplement elle, c’est son tempérament. Elle ne fait rien de mal non plus, c’est juste sa façon d’être, et c’est à moi de faire avec. J’ai par exemple réaménagé son aire de jeu. Comme je travaille de la maison et que je la garde toute seule 4 jours par semaine, c’est compliqué pour moi d’arriver à trouver la balance entre ses besoins à elle et ma vie professionnelle. Il a fallu que je trouve un endroit où elle peut être décollée de moi, tout en se sentant bien, histoire que j’aie au moins un quart d’heure pour écrire des mails ou avancer sur mon travail. Elle n’était pas bien dans son aire de jeu car elle était au sol et elle ne me voyait pas. J’ai testé plein de configurations, et là, j’ai enfin trouvé un truc où elle accepte de rester 20 minutes tranquille. Dans mon salon, j’ai mis un lit parapluie à niveau, qui ressemble à un parc surélevé, et dedans, j’ai mis son arche et tous ses jouets. Comme c’est en hauteur, je suis dans son champ de vision et ça aide beaucoup. Puis, elle commence enfin à jouer aussi. Au départ, elle ne supportait pas qu’on la mette sur le ventre, donc tout ce qui était musculation de la nuque, du dos, des bras était nulle. De la même façon, elle ne prenait jamais rien en main, parce qu’elle voulait tout le temps être portée. Je me disais qu’elle finirait par rattraper son retard, mais ça commençait à m’inquiéter légèrement. Tu te dis que ton enfant passe à côté des grandes étapes… Donc là, j’ai mis ce nouveau parc en place et en trois jours, elle a compris, elle attrape les jouets et elle commence à jouer.”

La place du père

“J’ai la chance d’avoir un mec qui fait sa part. Ce n’est pas un mec qui m’aide, c’est un mec qui prend soin de ses enfants, parce que ce sont ses enfants. En ce moment, il s’occupe surtout de l’ainé. Mon fils est dans une phase où il ne veut plus de moi, il ne veut que son papa. Mais il couche aussi la petite lorsqu’il est là. Comme elle est tout le temps avec moi, ça n’a pas été évident pour lui de trouver sa place. En plus, c’est un bébé qui sent le lait, maman a une odeur de lait, donc quand je suis là, il faut qu’elle tète. Alors que quand c’est lui qui la couche, ça se passe beaucoup mieux. Et puis, depuis que je suis rentrée de la maternité, je tire mon lait et la nuit, il donne le biberon. Non seulement ça habitue Andréa au biberon (c’est bien d’avoir les deux options), mais en plus, la nuit, ça me fait un break, c’est cool. Sans compter que de cette façon, elle dort toute suite, parce que les nuits où je n’ai pas pu tirer mon lait, ça prend un temps incroyable à la rendormir…”

Briser les tabous

“Il y a de plus en plus de podcasts et d’émissions qui abordent le sujet des BABI. C’est sûrement parce qu’on en parle de plus en plus qu’on arrive à mettre un terme dessus. Je ne compte plus celles qui m’ont dit ‘mais moi le jour où j’ai mis un mot dessus, ça m’a sauvé la vie, parce que j’ai compris que je ne faisais rien de mal’. Quand j’y réfléchis, ça m’a vraiment fait cet effet-là. Je pense que c’est une chose dont on ne parle pas, un des nombreux tabous qui entourent la maternité. On ne dit pas que la grossesse, c’est si difficile, on ne dit pas non plus qu’on ne devient pas parent parce qu’on a un enfant, mais qu’il faut du temps pour créer un lien. C’est avec ton premier enfant que tu apprends tout, c’est avec lui que tu fais le plus d’erreurs, parce que tu ne sais pas, parce qu’on ne te dit pas. Aujourd’hui, malgré le fait que ce ne soit pas tous les jours facile avec ma fille, que ça demande beaucoup d’énergie et de self-control, je réalise que, pour mon premier, j’ai fait une dépression post-partum. Avec ma fille, ce n’est pas rose tous les jours, mais je suis toujours contente de la voir, je ne pleure pas, alors qu’avec mon fils, je pleurais tous les jours jusqu’à ses 6 mois. Il y a une espèce de tabou autour de tout, tu ne dois parler que des choses que tu fais bien. Si ça se passe mal, c’est parce que ton enfant est capricieux… En tant que mère, j’ai décidé de ne pas culpabiliser, je fais de mon mieux.”

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